CAN 2025 : un casse-tête pour les grands championnats européens.
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’annonce comme l’un des événements majeurs du calendrier footballistique mondial. Mais si la CAN promet un spectacle sportif de très haut niveau sur le continent africain, elle représente en parallèle un véritable casse-tête pour les grands championnats européens. En pleine période charnière de la saison, clubs, entraîneurs et supporters devront composer avec l’absence prolongée de nombreux cadres.
La CAN 2025 va bouleverser l’Europe du football. Stars absentes, clubs affaiblis, calendriers chamboulés : l’Afrique s’invite au cœur de la saison européenne.
Une CAN en plein cœur de la saison européenne
Le principal point de friction reste le calendrier. Disputée au milieu de la saison européenne, la CAN 2025 va priver les clubs de leurs internationaux africains pendant plusieurs semaines. Selon le parcours de leurs sélections, certains joueurs pourraient manquer jusqu’à sept rencontres, entre championnats nationaux, coupes et compétitions européennes.
Depuis des années, le timing de la Coupe d’Afrique des Nations est régulièrement critiqué par les entraîneurs européens. Les championnats de France, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, mais aussi de Belgique, du Portugal ou des Pays-Bas, sont directement impactés. La période des fêtes, traditionnellement chargée en matchs, devient encore plus complexe à gérer pour les clubs concernés.
Des ajustements pour limiter l’impact
Consciente de ces contraintes, la Confédération africaine de football (CAF) a tenté d’apporter des ajustements. La CAN 2025 débutera avant Noël, afin de se conclure avant la reprise de la Ligue des champions. Une décision stratégique visant à réduire les conflits de calendrier avec les compétitions européennes.
Autre mesure importante : les clubs européens ne seront tenus de libérer leurs joueurs que sept jours avant le début de la compétition, contre quatorze jours auparavant. Cette flexibilité a permis à de nombreux internationaux africains de disputer les matchs du week-end précédant le coup d’envoi de la CAN, limitant ainsi les absences anticipées.
Malgré ces efforts, environ 58 % des joueurs participant à la Coupe d’Afrique des Nations évoluent dans des clubs européens, preuve de l’ampleur de l’impact sur les effectifs.
Sunderland, symbole d’un club fragilisé
Parmi les clubs les plus touchés figure Sunderland. Le club anglais devra se passer de six joueurs en l’espace de quelques semaines, un record parmi les équipes européennes engagées durant cette période.
Actuellement huitième de son championnat, Sunderland comptait déjà quatre internationaux africains lors de sa victoire face à Newcastle United le week-end dernier. Désormais, comme quatorze autres clubs anglais, il doit composer sans eux en raison des engagements internationaux.
Ont ainsi rejoint le Maroc les deux Congolais Arthur Masuaku et Noah Sadiki, le latéral Renildo (Mozambique), le milieu Habib Diarra (Mali), ainsi que le duo offensif formé par Chamseddine Talbi (Maroc) et Bertrand Traoré (Burkina Faso). Un véritable coup dur pour l’entraîneur, contraint de revoir ses plans en pleine période décisive.
Les géants européens également concernés
Les grands clubs ne sont pas épargnés. À Liverpool, l’absence de Mohamed Salah pour rejoindre la sélection égyptienne pourrait paradoxalement apaiser le climat interne, après la récente tension entre la star des Reds et son entraîneur Arne Slot. Sur le plan sportif, en revanche, la perte de l’ailier égyptien reste un handicap majeur.
Manchester United, de son côté, devra se passer de trois joueurs importants : Noussair Mazraoui, Bryan Mbeumo et Amad Diallo. Ce dernier s’est récemment illustré en inscrivant un but lors du spectaculaire match nul 4-4 face à Bournemouth. Pour les Red Devils, la CAN tombe à un moment délicat, alors que la stabilité sportive reste fragile.
Répartition des joueurs par championnat
Les chiffres illustrent clairement l’ampleur du phénomène. La Ligue 1 française est le championnat le plus touché, avec 51 joueurs appelés à disputer la CAN 2025. Elle est suivie par la Premier League anglaise (33 joueurs), la Serie A italienne (21), la Bundesliga allemande (18) et la Liga espagnole (15).
Cette forte représentation s’explique par la place centrale qu’occupent les joueurs africains dans le football européen. Qu’ils soient cadres, titulaires indiscutables ou éléments clés de rotation, leur absence modifie l’équilibre sportif de nombreux clubs.
Un dilemme sportif et culturel
Pour les joueurs africains, la Coupe d’Afrique des Nations reste une compétition à part. Porter le maillot national, défendre les couleurs de son pays et viser un titre continental constitue un honneur et une priorité. Ce choix, parfois critiqué en Europe, s’inscrit dans une dimension culturelle et émotionnelle forte.
Les clubs européens, eux, doivent jongler entre respect des sélections nationales et exigences de performance. Certains entraîneurs y voient une opportunité de donner du temps de jeu à de jeunes joueurs ou à des remplaçants, tandis que d’autres dénoncent une inégalité sportive durant une période cruciale de la saison.
La CAN 2025, vitrine du football africain
Au-delà des contraintes, la CAN 2025 représente aussi une formidable vitrine pour le football africain. Organisée au Maroc, pays doté d’infrastructures modernes et d’une expérience reconnue en matière d’événements sportifs, la compétition promet une organisation de haut niveau.
Pour les joueurs évoluant en Europe, c’est également l’occasion de briller sur la scène internationale, d’augmenter leur valeur marchande et de renforcer leur statut. Plusieurs carrières ont déjà basculé grâce à des performances marquantes en Coupe d’Afrique des Nations.
Conclusion
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’annonce donc comme un événement majeur, à la croisée des intérêts africains et européens. Si elle perturbe inévitablement les grands championnats européens, elle rappelle aussi l’importance et la richesse du football africain dans l’écosystème mondial.
Entre casse-tête sportif pour les clubs et fierté nationale pour les joueurs, la CAN 2025 cristallise une réalité incontournable : le football est désormais global, et ses équilibres se construisent bien au-delà des frontières européennes.
