Et si le VAR avait existé ? Ces matchs de légende dont l’histoire aurait été réécrite.

Illustration style aquarelle représentant trois moments historiques de la Coupe du Monde influencés par le VAR : la main de Maradona en 1986, le coup de tête de Zidane en 2006 et le but fantôme de Lampard en 2010.

Le football est un sport de passion, mais aussi d’injustices mémorables. Des buts fantômes aux mains invisibles, la Coupe du Monde a souvent basculé sur des erreurs d’arbitrage devenues mythiques. Aujourd’hui, avec l’Assistance Vidéo à l’Arbitrage (VAR), le visage du football a changé. Mais que se serait-il passé si la technologie avait été présente lors des plus grandes polémiques de l’histoire ? De la « Main de Dieu » au coup de tête de Zidane, plongée dans une réalité alternative.

La fin du romantisme ou le début de la justice ?

Depuis son introduction officielle, le VAR divise. Pour les uns, il casse le rythme et tue le « romantisme » de l’erreur humaine. Pour les autres, il est l’outil indispensable d’une équité sportive nécessaire. Sur la scène mondiale, là où la pression est maximale et les enjeux nationaux colossaux, une simple décision peut transformer un héros en paria ou une nation en championne. En remontant le temps, on s’aperçoit que le palmarès de la FIFA pourrait être bien différent si les arbitres avaient pu consulter leurs écrans.

1986 : Le cas Maradona, un double séisme annulé ?

Le quart de finale de 1986 entre l’Argentine et l’Angleterre au Mexique est sans doute le match qui aurait été le plus impacté par le VAR.

D’abord, il y a la célèbre « Main de Dieu ». À la 51e minute, Diego Maradona saute face au gardien Peter Shilton et propulse le ballon au fond des filets de la main gauche. Aujourd’hui, une telle action ne passerait pas le cap de la vérification silencieuse. L’arbitre tunisien Ali Bennaceur, trompé par la rapidité de l’action, aurait été appelé par le car vidéo, le but annulé et « El Pibe de Oro » probablement sanctionné d’un carton jaune.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Quatre minutes plus tard, Maradona inscrit le « But du Siècle » après un slalom de 60 mètres. Pourtant, selon ses anciens coéquipiers comme Sergio Batista, ce chef-d’œuvre aurait pu être annulé pour une faute au départ de l’action sur l’Anglais Glenn Hoddle. Le VAR aurait-il sacrifié le plus beau but de l’histoire sur l’autel de la règle ? Le débat reste ouvert, mais la victoire argentine de 86 ne tiendrait plus qu’à un fil.

1990 et 2014 : L’Argentine, de l’autre côté du sifflet

Si l’Argentine a profité de l’absence de vidéo en 86, elle s’estime lésée lors de deux finales perdues contre l’Allemagne.

En 1990, le penalty accordé à Andreas Brehme à la 85e minute reste une cicatrice ouverte pour les supporters de l’Albiceleste. Sans contact flagrant, l’arbitre Edgardo Codesal a scellé le sort du match. Le VAR aurait probablement annulé cette décision, emmenant les deux équipes en prolongations.

Plus récemment, en 2014, le choc entre Manuel Neuer et Gonzalo Higuaín dans la surface allemande a marqué les esprits. Le genou du gardien allemand percute l’attaquant argentin alors qu’il dégage le ballon. Pour beaucoup d’experts, c’est un penalty indiscutable. En 2014, l’arbitre a sifflé faute… contre Higuaín. Sous l’ère du VAR, Messi aurait pu obtenir cette chance de remporter son premier Mondial bien avant 2022.

2010 : Le déclic Lampard et le « but fantôme »

S’il y a bien une action qui a forcé la FIFA à réagir, c’est le but refusé à Frank Lampard lors du 8e de finale Allemagne-Angleterre en Afrique du Sud. La frappe du milieu anglais frappe la barre, rebondit nettement derrière la ligne, mais l’arbitre laisse jouer.

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À ce moment-là, l’Allemagne mène 2-1. Avec le VAR ou la Goal-Line Technology, le score passe à 2-2 juste avant la pause. Le moral anglais est regonflé, la tactique allemande est bousculée. Ce jour-là, l’absence de technologie a littéralement volé l’espoir d’une remontée historique aux Three Lions.

2006 : Le coup de tête de Zidane sous la loupe

La finale de 2006 entre la France et l’Italie offre un cas de figure unique. L’expulsion de Zinédine Zidane est souvent considérée comme la « première utilisation non officielle » de la vidéo. L’arbitre Horacio Elizondo n’avait rien vu, et c’est le quatrième arbitre qui l’a informé après avoir vu les images sur un moniteur de bord de terrain.

Avec le VAR officiel, le processus aurait été plus transparent. Mais surtout, la vidéo aurait pu remonter plus loin : les provocations verbales de Marco Materazzi auraient été analysées. Si l’insulte n’annule pas le geste de Zidane, elle aurait pu valoir une sanction plus lourde à l’Italien, changeant l’équilibre psychologique de cette fin de match de légende.

Un football plus juste, mais moins narratif ?

Le VAR apporte une réponse factuelle à des situations litigieuses, mais il ne peut effacer l’émotion. Si le VAR avait existé, l’Angleterre ne se plaindrait pas de sa malédiction éternelle. Ces « erreurs » font partie de la mythologie du football, des histoires que l’on raconte de génération en génération.

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