Légendes déçues par la CAN : Mohamed Salah risque-t-il le même sort ?
La Coupe d’Afrique des Nations reste une forteresse imprenable pour la star égyptienne Mohamed Salah, qui craint désormais de rejoindre la liste des légendes n’ayant jamais été couronnées par la « Reine de l’Afrique ».
Le rêve de l’équipe nationale égyptienne pour la CAN 2025 s’est brisé en demi-finale après une défaite face au Sénégal (1-0). Salah n’a jamais remporté ce trophée au cours de sa carrière, bien qu’il ait atteint la finale à deux reprises, en 2017 et 2021, s’inclinant respectivement face au Cameroun et au Sénégal.
À 33 ans, l’attaquant égyptien redoute de connaître le destin de dizaines de légendes du continent dont la carrière s’est achevée sans le moindre titre continental. S’il participe à la prochaine édition en 2027, Salah aura 35 ans.
Ces légendes à qui la CAN a résisté
Depuis sa création en 1957, la Coupe d’Afrique a vu défiler des joueurs mythiques qui, malgré des carrières en club exceptionnelles et de nombreux titres individuels, ont échoué à soulever le trophée national.
George Weah (Liberia)
Il n’a jamais été sacré avec le Liberia, alors qu’il est considéré comme l’un des plus grands joueurs africains de l’histoire, étant le seul à avoir remporté le Ballon d’Or (1995).
Didier Drogba (Côte d’Ivoire)
Drogba a manqué de réussite avec les Éléphants, perdant deux finales aux tirs au but : en 2006 face à l’Égypte et en 2012 face à la Zambie. Il a pris sa retraite internationale en août 2014, quelques mois seulement avant que la Côte d’Ivoire ne remporte enfin le titre en 2015 sous la direction d’Hervé Renard.
Asamoah Gyan (Ghana)
Le meilleur buteur de l’histoire du Ghana (51 buts) a participé à 7 éditions. Il a atteint les demi-finales à chaque fois, sauf en 2019. Malgré deux finales disputées, il a perdu en 2010 contre l’Égypte (but fatal de Gedo) et en 2015 face à la Côte d’Ivoire aux tirs au but.
Michael Essien (Ghana)
Le Ghana court après le titre depuis 1982. Essien a connu des moments difficiles, ne participant qu’à trois éditions (2002, 2008, 2010). Il a été éliminé successivement en quart de finale, en demi-finale, puis en finale.
El Hadji Diouf (Sénégal)
Entre 2002 et 2008, Diouf a disputé quatre éditions avec les Lions de la Téranga. Sa seule chance de titre s’est envolée lors de la finale perdue en 2002.
Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon)
L’actuel joueur de l’Olympique de Marseille possède un palmarès impressionnant en club et a été sacré Joueur Africain de l’année en 2015. Cependant, avec le Gabon (souvent loin des favoris), il n’a jamais dépassé les quarts de finale (en 2012), subissant des éliminations dès le premier tour lors de ses autres participations.
Emmanuel Adebayor (Togo)
Élu meilleur joueur du continent en 2008, Adebayor n’a jamais brillé avec le Togo en phase finale, ne marquant qu’un seul but sur l’ensemble de ses participations. Il a surtout été marqué par l’attaque armée contre le bus de l’équipe en 2010, qui avait entraîné le retrait du Togo.
Youssef Msakni (Tunisie)
Avec 8 participations au compteur, Msakni n’a jamais réussi à porter la Tunisie sur le toit de l’Afrique. Son meilleur résultat reste une quatrième place obtenue lors de l’édition 2019.
Le destin de Mohamed Salah avec les Pharaons ressemble à une tragédie grecque moderne. S’il est indéniablement le meilleur joueur égyptien de l’histoire sur le plan individuel et européen, l’absence d’un sacre continental laissera toujours un goût d’inachevé à son immense héritage. Comme Didier Drogba ou George Weah avant lui, Salah prouve que la grandeur ne se mesure pas uniquement aux trophées, mais aussi à la ferveur qu’un joueur inspire à tout un peuple.
Pourtant, le chapitre n’est pas encore totalement clos. Avec l’édition 2027 en ligne de mire, Salah dispose d’une ultime cartouche pour éviter de figurer dans la liste des « rois sans couronne ». Réussira-t-il là où tant d’autres géants ont échoué ? Seul le terrain rendra le verdict final.
