Manchester City :Le démon de l’«overthinking» a encore frappé Guardiola.
Entre coups de génie et sabordage tactique, Pep Guardiola a de nouveau succombé à ses vieux démons lors du choc face au Real Madrid. Une défaite 3-0 qui remet en lumière une pathologie chronique chez le technicien catalan : la réflexion de trop lors des sommets européens.
Mercredi dernier, la pelouse du Santiago Bernabéu n’a pas seulement été le théâtre d’une démonstration madrilène ; elle a été le laboratoire d’une nouvelle expérimentation ratée de Pep Guardiola. Face au géant espagnol, l’entraîneur des Skyblues a surpris son monde — et ses propres joueurs — en alignant un onze hybride, dépourvu de véritable sentinelle et articulé autour de trois ailiers. Un schéma inédit cette saison qui a totalement déséquilibré le bloc anglais.
Un milieu « portes ouvertes »
En se passant d’un milieu défensif de métier, Guardiola a offert les clés de la maison à la Maison Blanche. Résultat : un entrejeu « à découvert », incapable de filtrer les transitions rapides du Real. Plus déroutant encore, le repositionnement d’Antoine Semenyo dans l’axe de l’attaque et la titularisation d’un Savinho en manque de rythme ont fini de paralyser l’animation offensive de City. Pour les observateurs, le constat est sans appel : c’est un nouveau cas d’overthinking.
Chronique d’un vertige tactique
Ce n’est pas la première fois que le génie catalan se perd dans le labyrinthe de ses propres idées. L’histoire européenne de Guardiola est jalonnée de ces « paris » qui tournent au fiasco :
- Lyon 2020 : Le traumatisme du 3-5-2. Contre un OL pourtant outsider, Pep abandonne son 4-3-3 fétiche pour une défense à trois. Perturbés, les cadres sombrent et City sort par la petite porte (1-3).
- Tottenham 2019 : L’excès de prudence. En quart de finale aller, il opte pour un bloc bas inhabituel et laisse ses créateurs sur le banc. Une défaite 1-0 qui pèsera lourd au retour.
- Chelsea 2021 : La finale sans sentinelle. C’est sans doute son plus grand regret. En finale de C1, il écarte Rodri et Fernandinho du onze de départ. Sans protection devant la défense, City s’incline 1-0 face aux Blues.
L’innovation à tout prix ?
Si la quête de l’effet de surprise est le moteur de Guardiola, elle devient son principal frein lors des matches couperets. Déjà au Bayern Munich (2014-2016), ses trois éliminations consécutives en demi-finales avaient été marquées par des ajustements tactiques jugés « illisibles ».
Comme le soulignait naguère Fabio Capello, la volonté de « réinventer le football » à chaque grand rendez-vous finit par créer plus de confusion chez ses propres joueurs que chez l’adversaire. À force de vouloir jouer aux échecs contre lui-même, Pep Guardiola a de nouveau laissé filer l’Europe.
