Les nouvelles modifications des Lois du football : une amélioration du jeu ou des contraintes supplémentaires ?

Arbitre consultant le VAR illustrant les nouvelles règles du football adoptées par l’IFAB pour 2026

Récemment, l’IFAB a adopté plusieurs changements qui entreront en vigueur à partir de la Coupe du monde 2026. Parmi eux figure notamment l’introduction d’un compte à rebours destiné à limiter les pertes de temps. Le système d’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) devrait également bénéficier de prérogatives élargies, permettant par exemple de revoir et d’annuler les deuxièmes cartons jaunes ou encore certaines décisions erronées concernant les corners. Ces évolutions ont poussé le média britannique The Athletic à s’interroger sur leur réelle utilité pour le football.


Selon The Athletic, la règle des huit secondes introduite cette saison pour empêcher les gardiens de but de conserver le ballon trop longtemps a porté ses fruits. Toutefois, les pertes de temps persistent, notamment lors des dégagements, des touches et des remplacements. Un système de décompte sera donc également appliqué dans ces situations.

Concernant les dégagements et les touches, l’arbitre décidera s’il estime qu’un retard est volontaire. Dans ce cas, un compte à rebours visuel de cinq secondes sera lancé.

Le site souligne cependant la complexité de cette mesure : à partir de quel moment le décompte doit-il commencer ? Lorsque le ballon sort du terrain ou lorsqu’il arrive dans les mains du joueur chargé de l’exécution ?

Le système jugé « le plus équitable » serait de démarrer le chronomètre dès la sortie du ballon, tout en tenant compte du temps nécessaire pour le récupérer. Une autre problématique concerne les spécialistes des touches : comme pour les tireurs de coups francs ou de corners, ils devraient pouvoir se déplacer librement pour effectuer la remise en jeu. Ainsi, l’efficacité réelle de cette mesure, notamment pour les touches, pourrait ne pas dépasser 50 %.

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En revanche, la modification concernant les remplacements paraît plus simple : le joueur remplacé devra quitter le terrain dans les dix secondes suivant l’affichage du panneau électronique. Dans le cas contraire, son remplaçant ne pourra entrer qu’à la prochaine interruption de jeu, après une minute. Une règle jugée logique et facilement applicable.


Toujours selon The Athletic, la modification de la règle du hors-jeu proposée par l’ancien entraîneur d’Arsenal, Arsène Wenger, pourrait créer davantage de problèmes qu’elle n’en résoudrait.

Wenger propose qu’un joueur soit considéré hors-jeu uniquement si l’ensemble de son corps dépasse le deuxième dernier défenseur adverse. Actuellement, un hors-jeu est signalé même pour un avantage de quelques millimètres.

Cependant, un tel changement modifierait profondément les stratégies défensives. Les équipes abandonneraient probablement les blocs bas pour reculer davantage, transformant ainsi l’équilibre tactique du jeu.

L’ancien arbitre assistant de Premier League, Darren Cann, a également exprimé ses réserves, estimant que cette réforme entraînerait davantage de délais liés au VAR. Selon lui, il deviendrait extrêmement difficile pour les assistants de déterminer la position exacte de la jambe arrière d’un attaquant, surtout dans des zones très encombrées.

Cette modification devrait être testée pour la première fois dans le championnat canadien, mais The Athletic doute fortement de son succès.


La possibilité de revoir les décisions de corner via le VAR pourrait, selon certains observateurs, constituer une complication inutile. Les corners nécessitent déjà un certain temps de préparation, et l’ajout d’une vérification vidéo risquerait d’allonger encore davantage les interruptions.

Si la FIFA souhaite expérimenter cette mesure lors de la Coupe du monde, la Premier League y reste opposée, estimant qu’elle n’apporterait aucun réel bénéfice au jeu.


Cette modification est probablement la plus réclamée dans le football moderne depuis l’introduction du VAR.

Elle permettrait de corriger des expulsions injustes. À titre d’exemple, le défenseur de la Juventus Pierre Kalulu avait récemment été exclu face à l’Inter après un second carton jaune pour une faute jugée exagérée à la relecture vidéo, l’adversaire Alessandro Bastoni ayant amplifié le contact.

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L’introduction de cette révision renforcerait donc considérablement le sentiment d’équité sportive.


Le phénomène des simulations de blessure est devenu incontrôlable ces dernières années. L’IFAB envisage ainsi une règle obligeant tout joueur nécessitant des soins à quitter le terrain pour une durée déterminée.

Des exceptions seraient prévues pour les gardiens, les blessures à la tête, les fautes sanctionnées par un carton ou les situations de penalty.

En Premier League, l’interruption dure actuellement 30 secondes, contre deux minutes en MLS. Cette dernière a permis de réduire significativement les arrêts de jeu, bien que la mesure ne fasse pas l’unanimité. Lionel Messi avait d’ailleurs critiqué cette règle en 2024 après avoir été empêché de revenir immédiatement sur le terrain, estimant que « ce type de règles nous mène dans la mauvaise direction ».

Une durée intermédiaire d’une minute, proposée par l’IFAB, semble constituer un compromis plus équilibré.


Lorsqu’un entraîneur souhaite donner des consignes tactiques ou casser le rythme adverse, il arrive fréquemment que le gardien simule une blessure afin de provoquer une interruption et permettre un regroupement des joueurs autour du banc.

Selon The Athletic, aucune solution satisfaisante n’a encore été adoptée par l’IFAB. Le média propose toutefois une alternative : obliger une équipe à évoluer temporairement à dix joueurs pendant 60 secondes après la reprise du jeu si le gardien reçoit des soins. Une mesure qui pourrait limiter l’exploitation de cette faille réglementaire.


Au final, ces nouvelles réformes traduisent la volonté des instances dirigeantes de moderniser le football et de réduire les pertes de temps. Reste toutefois une question essentielle : ces ajustements rendront-ils réellement le jeu plus fluide et plus juste, ou risquent-ils d’alourdir davantage un sport déjà fortement réglementé ?

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